Estompement de la compassion
L'estompement de la compassion est la tendance à ressentir moins d'empathie, et à moins aider, à mesure qu'augmente le nombre de personnes dans le besoin.
L'estompement de la compassion est la tendance à ressentir moins d'empathie, et à moins aider, à mesure qu'augmente le nombre de personnes dans le besoin.
Le terme vient du psychologue Paul Slovic. Selon lui, un seul enfant tombé dans un puits ou mourant de faim nous émeut et nous pousse à agir ; dès qu'il y a deux victimes, la compassion commence à faiblir, et devant une foule elle s'effondre : « plus il y a de morts, moins on s'en soucie ». Les dons diminuent même quand le nombre de victimes augmente. L'idée rejoint la formule « la mort d'un homme est une tragédie, celle de millions, une statistique », souvent attribuée à Staline mais due à Kurt Tucholsky (1925).
L'explication la plus courante est une heuristique affective : on décide selon l'émotion ressentie, et une victime unique, qu'on se représente aisément, en suscite plus qu'une foule anonyme (voir l'effet de victime identifiable). On étouffe aussi ses émotions pour ne pas en être submergé. Ainsi, selon Mark Hay, le massacre commis par Boko Haram du 3 au 7 janvier 2015 a reçu peu d'attention immédiate des médias, contrairement à l'attentat qui a tué 12 personnes à Charlie Hebdo le 7 janvier.