Quinze ouvrages de scepticisme, de pensée critique et de vulgarisation scientifique, proposés au fil des numéros du Québec sceptique. Les descriptions sont tirées des résumés des maisons d’édition.
| Année | Titre | Auteur | Sujet |
|---|---|---|---|
| 2022 | La pensée woke | David Santarossa | Idéologie politique |
| 2022 | Libertés malmenées | Collectif | Idéologie politique |
| 2022 | Mon frère est complotiste | David Morin et Marie-Ève Carignan | Complotisme |
| 2022 | Quack Quack | Joe Schwarcz | Pseudosciences |
| 2022 | Rationalité | Steven Pinker | Scepticisme |
| 2022 | Vers l’abrutissement de l’espèce humaine | Romain Gagnon | Idéologie politique |
| 2021 | Bienvenue dans l’univers de la stupidité | Serge Larivée | Scepticisme |
| 2021 | La face cachée du grand monde des microbes | Boucar Diouf | Sciences |
| 2021 | La religion anti-ondes | Sébastien Point | Sciences |
| 2020 | Apocalypse cognitive | Gérald Bronner | Sociologie |
| 2019 | Le triomphe des Lumières | Steven Pinker | Scepticisme |
| 2017 | Le Pharmachien, tome 3 | Olivier Bernard | Scepticisme |
| 2010 | Québec athée | Claude M. J. Braun | Religion |
| 2006 | Mystère sans magie | Cyrille Barrette | Scepticisme |
| 2005 | Petit cours d’autodéfense intellectuelle | Normand Baillargeon | Scepticisme |
Romain Gagnon, Inventaire des délires idéologiques du XXIe siècle, Éditions Stratégikus, 2022.
La criminalisation de l’avortement revient en force tout comme le hijab, ce symbole de soumission des femmes. Des théories conspirationnistes délirantes circulent sur les réseaux sociaux. Des journalistes perdent leur emploi pour avoir prononcé le mot en N. Des hommes peuvent désormais participer aux épreuves olympiques féminines sur la seule base de leur ressenti. Des magazines font la promotion de l’obésité. Et pendant ce temps, la planète brûle.
Cet essai politique décrie les délires idéologiques de l’heure, autant ceux de l’extrême gauche que ceux de l’extrême droite. L’auteur y trace un effarant portrait de l’Occident et nous invite à réfléchir sur l’avenir de notre civilisation. Avec la rigueur intellectuelle propre à sa profession, il démontre que les égarements de l’heure partagent la même famille ontologique : le déni de la biologie. Darwin avait pourtant chassé cette faille naturelle chez l’humain, mais elle revient au galop.
Conférence de Romain Gagnon sur son livre, à l’Association humaniste du Québec
David Morin et Marie-Ève Carignan, Comment rétablir le lien et le dialogue social, Les éditions de l’Homme, Montréal, 2022.
Que sait-on du complotisme ? Comment rétablir le lien avec mon frère ou ma sœur à qui je ne peux plus parler ? Marginal il y a quelques années, le conspirationnisme s’est immiscé dans nos vies durant la pandémie de COVID-19. Présents dans les médias, sur les réseaux socionumériques et dans les manifestations, les complotistes se sont également fait entendre dans les familles, les cercles d’amis et les milieux de travail, au point de devenir un enjeu de premier plan.
Pour bien cerner ce phénomène complexe aux ramifications psychologiques, sociales, historiques, politiques, médiatiques et idéologiques, Marie-Ève Carignan et David Morin se sont entourés de plusieurs spécialistes, faisant la démonstration que la meilleure façon de déboulonner les préjugés — de part et d’autre — passe par la compréhension. Ils nous éclairent, avec des pistes d’action à la clé, sur l’importance de maintenir le lien et le dialogue, aussi bien dans les familles que dans la société. Car comprendre et déjouer le complotisme est l’affaire de tous : la paix et l’avenir de nos démocraties en dépendent.
Entrevue avec les auteurs à Radio-Canada OHdio
David Santarossa, Analyse critique d’une idéologie, Liber, 2022.
La définition du terme woke est plutôt floue et cela permet à n’importe qui d’identifier les personnes à qui il s’oppose comme wokes ou de dénoncer sous ce nom les demandes qui peuvent paraître les plus farfelues en matière de justice sociale. Une question dès lors se pose : est-ce que ces nouveaux interdits sont le fait de quelques militants un peu plus radicaux ou bien s’accordent-ils avec ce qu’on pourrait appeler la pensée woke ?
Autrement dit, comment définir cette pensée, ainsi que les individus que l’on qualifie comme étant wokes, sans faire la part belle aux plus extrémistes d’entre eux et sans faire preuve de complaisance en prenant pour argent comptant les propos de leurs porte-paroles les plus modérés ?
Compte rendu du livre dans L’Action nationale
Association humaniste du Québec, où l’auteur a donné une conférence le 16 février 2023
Collectif, Chronique d’une année trouble à l’Université d’Ottawa, Leméac, 2022.
Le 16 octobre 2020, trente-quatre professeurs de l’Université d’Ottawa publiaient une lettre ouverte défendant le principe de la liberté universitaire en appui à la professeure Verushka Lieutenant-Duval, accusée d’un supposé acte raciste dans le contexte d’un cours offert à la Faculté des arts. Ce geste a déclenché une saga qu’ils ne sont pas près d’oublier : campagne d’intimidation de la part des étudiants, confrontations avec des collègues et lourds démêlés avec l’administration. Des intellectuels de partout au Québec sont intervenus dans le débat, qui s’est déplacé dans l’arène politique.
Dans cet ouvrage, des membres du « groupe des 34 » relatent comment ils ont vécu et ressenti la crise, comment elle s’est imposée dans leur vie de professeurs. Plusieurs évoquent les effets qu’elle a eus sur leur façon d’exercer leur métier en s’interrogeant sur les pièges de l’autocensure et des multiples avertissements aux étudiants. D’autres réfléchissent aux conséquences de tels événements sur leur discipline et sur le développement et la transmission des connaissances. Certains, enfin, se penchent sur les dérives d’une université où la liberté d’enseignement est de plus en plus malmenée, soumise aux pressions du clientélisme et des divers militantismes.
Avec des textes de Pierre Anctil, Nathalie Bélanger, Geneviève Boucher, Marc Brosseau, François Charbonneau, Nelson Charest, Anne Gilbert, Yves Gingras, Verushka Lieutenant-Duval, E.-Martin Meunier, Isaac Nahon-Serfaty, Sylvie Paquerot, Maxime Prévost, Geneviève Tellier et Christian Vandendorpe.
Joe Schwarcz, The Threat of Pseudoscience, ECW Press, 2022.
Laissez le seul et unique Dr Joe combattre la pseudoscience et lancer une bouée de sauvetage à tous ceux qui se noient dans une mer de désinformation. « En définitive, l’auteur démontre avec succès comment les affirmations doivent être interrogées et analysées avant d’être acceptées. » — Library Journal
Nous sommes en pleine crise. Un tsunami de fausses nouvelles et de désinformation menace d’engloutir la science fondée sur des preuves. Bien que le charlatanisme — vaguement défini comme la diffusion de fausses « connaissances », souvent accompagnées de diverses versions de « l’huile de Saint-Joseph » — ne soit pas un phénomène nouveau, il n’a jamais représenté une menace aussi importante pour la santé publique qu’aujourd’hui. La COVID-19 a déclenché une avalanche sans précédent d’informations destructrices qui ont alimenté l’hésitation à se faire vacciner et ont orienté les gens vers des traitements non éprouvés.
Dans Quack Quack, le Dr Joe Schwarcz, qui lutte contre les fausses nouvelles depuis des décennies, se concentre sur le déluge d’anecdotes, de données sélectionnées et biaisées, d’absurdités pseudoscientifiques et d’allégations sur la santé non fondées qui sapent les efforts visant à éduquer le public sur la science fondée sur des preuves.
Office for Science and Society de l’Université McGill, que dirige l’auteur
Boucar Diouf, Et pourquoi nous leur devons tant, Les Éditions La Presse, septembre 2021.
À quoi sert le virus de la COVID ? C’est en voulant répondre à cette question que Boucar s’est lancé dans l’écriture de ce livre où il nous prend par la main pour nous faire vivre la fascinante histoire des microbes, ce monde invisible qui, depuis toujours, joue un rôle essentiel dans nos vies.
Entremetteurs, cuisiniers et nounous, les microbes sont un mal nécessaire pour la survie de l’humanité. Plein d’espoir, mais toujours lucide, le conteur biologiste nous montre à quel point notre destin est intimement lié à ces ancêtres très lointains. Et pourquoi on devrait avoir plus de respect pour cette forme de vie indispensable à la biodiversité, sans laquelle notre espèce n’existerait pas. Pour Boucar, les microbes « sont là pour enseigner l’humilité à ce bipède qui s’attribue le droit de vie et de mort sur le reste de la création ».
Serge Larivée, L’univers de la stupidité à la portée de tous, Éditions JFD, 2021.
Les recherches sur l’intelligence ont montré que le quotient intellectuel (QI) constitue une bonne mesure des capacités cognitives d’un individu. On a également établi que si, depuis le début du 20e siècle, le QI a progressé dans au moins une trentaine de pays, il a commencé à décliner au milieu des années 1990 dans certains pays. Comme il n’existe pas de quotient de stupidité, il faut s’en remettre aux comportements stupides pour en saisir la teneur et l’ampleur.
L’ouvrage, qui comprend seize chapitres de longueurs inégales, devrait permettre au lecteur d’en avoir un aperçu dans plusieurs aspects de la vie, dont le quotidien, les publicités, la politique, l’éducation et même les sciences. Au fil des chapitres, le lecteur découvrira les facteurs susceptibles de favoriser l’émergence de comportements stupides. Le dernier chapitre porte, entre autres aspects, sur la manière de contrer la stupidité.
Olivier Bernard, La bible des arguments qui n’ont pas d’allure, Les Malins, 2017.
Le lait est-il un poison mortel ? L’intestin est-il vraiment ton deuxième cerveau ? Les médecines vieilles de 4000 ans sont-elles nécessairement meilleures ? Les OGM menacent-ils l’humanité ? Le remède contre le cancer est-il gardé secret par Big Pharma ? La science est-elle une nouvelle religion ? Bienvenue dans le monde des arguments qui n’ont pas d’allure !
Si tu as l’impression que les études scientifiques se contredisent constamment, que les experts se battent entre eux pour avoir raison, que les gens prennent leurs opinions pour des faits et qu’il est pratiquement impossible de détecter les fausses informations sur la santé, ce livre va changer ta vie. Il t’apprendra à reconnaître certains types d’arguments douteux que tu rencontres partout — dans ta famille, dans les médias, sur le Web, sur la place publique — et qui sonnent l’alerte de la niaiserie.
Claude M. J. Braun, Éditions Michel Brûlé, 2010.
On pourrait penser qu’avant la Révolution tranquille de 1960, le catholicisme dominait presque sans opposition la société québécoise. Dans son ouvrage sur l’histoire de l’athéisme au Québec, Claude Braun, professeur de psychologie, démontre que cela n’était pas le cas. Il raconte l’histoire de nombreuses personnalités — certaines bien connues — qui ont offert une résistance continue à la pensée unique religieuse. Ces libres-penseurs ont joué un rôle important dans l’évolution intellectuelle et sociale de la société québécoise.
L’essai de Claude Braun ne se borne pas à identifier et à tracer le parcours de grands athées d’ici. Il procède à une explication élaborée de ce que sont, à son avis, la philosophie, l’éthique et l’humanisme athées. Il célèbre ensuite l’athéisme dans la littérature, la poésie, la chanson et le cinéma québécois, avant de décrire une vingtaine d’athées « transcendants » du Québec. Vient ensuite une brève histoire de la militance athée et laïque au Québec.
Cyrille Barrette, Science, doute et vérité : notre seul espoir pour l’avenir, éditions MultiMondes, 2006.
À l’époque où des gens croient encore qu’on peut juger de choses sérieuses avec des têtes qui croient au paranormal, l’auteur explique ce qu’est la science pour que tous puissent la reconnaître, l’apprécier, la critiquer et l’utiliser. Pour se faire un jugement éclairé sur les nombreux enjeux soulevés tous les jours dans les médias par les débats sur l’environnement, la santé, la reproduction ou l’énergie, il faut savoir ce qu’est la science.
L’auteur distingue d’abord scientisme et science, le premier étant une doctrine agressive qui fait de la science une sorte de religion, et il explique les limites de la seconde. Pour Barrette, le doute est à la base de la recherche de vérité en science, mais douter de tout ne mène nulle part. Il n’y a d’ailleurs pas de pire faute en science que de tenter de tromper, en falsifiant ses résultats, en faussant les interprétations ou en exagérant les conclusions. Et il conclut : on ne naît pas rationnel, on le devient à force de volonté, d’obstination, de lucidité et de vigilance !
Normand Baillargeon, Illustrations de Charb, Lux Éditeur, 2005.
Ce livre sera tout particulièrement utile aux sceptiques d’entre nous qui n’ont aucune formation scientifique. L’auteur, qui enseigne les fondements de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal, veut fournir à ses lecteurs quelques outils indispensables de pensée critique. L’ouvrage, écrit avec humour et de façon très accessible, pourra sûrement intéresser un très large public.
Dans le premier chapitre, Normand Baillargeon nous amène à nous méfier de certains pièges du langage, ceux que nous tendent délibérément les politiciens, groupes de pression et agences gouvernementales entre autres. L’auteur poursuit son exposé en présentant de nombreux autres pièges langagiers : les imprécisions volontaires des astrologues et autres charlatans, les messages d’exclusion ou de discrimination souvent distillés dans la langue politiquement correcte, l’art de l’ambiguïté.
Dans le chapitre 2, l’auteur nous invite à « compter pour ne pas s’en laisser conter » : à vérifier ces nombres frappants qu’on nous lance constamment, souvent pour la bonne cause. Dans les chapitres suivants, il traite de l’expérience personnelle, de la science empirique et expérimentale et des médias.
Sébastien Point, Comment médias et associations ont fabriqué les électrosensibles, novembre 2021.
L’électrosensibilité est généralement décrite comme un ensemble de symptômes ressentis par un individu et dont la cause est attribuée à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Les symptômes sont nombreux, non spécifiques, très invalidants et conduisent quantité de malades à tout quitter pour fuir l’enfer des ondes. Cependant, la plupart des résultats scientifiques démentent l’hypothèse selon laquelle les ondes provenant d’objets connectés, d’antennes-relais ou de téléphones portables puissent affecter le corps humain de cette manière.
Se pourrait-il que l’électrosensibilité, considérée par beaucoup comme la maladie du siècle, n’ait en réalité aucun lien avec l’exposition aux ondes et soit l’émanation d’une société terrorisée par le risque ? Sébastien Point décrypte dans cet ouvrage les mécanismes ayant conduit nos sociétés modernes, éduquées et riches, à fabriquer une nouvelle maladie psychologique : l’électrophobie.
Sébastien Point est docteur en physique, ingénieur en électronique et optique, licencié en psychopathologies et chercheur spécialiste des questions d’exposition humaine aux rayonnements non ionisants. Il est récipiendaire de la médaille de la Société française de radioprotection.
Gérald Bronner, Presses universitaires de France, 2020.
La situation est inédite. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons disposé d’autant d’informations et jamais nous n’avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l’humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar.
Le déferlement d’informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l’envoûtement des écrans et s’abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d’un pillage en règle, notre esprit est au cœur d’un enjeu dont dépend notre avenir.
Steven Pinker, Ce qu’est la pensée rationnelle et pourquoi nous en avons plus que jamais besoin, Les Arènes, février 2022.
Dans le domaine scientifique, l’humanité ne cesse de progresser. Mais partout ailleurs, elle semble perdre la tête. Comment une espèce capable d’explorer Mars et de développer des vaccins en moins d’un an peut-elle produire autant de fausses nouvelles et de théories du complot, qui prolifèrent même dans les milieux les plus éduqués ? L’humain est-il un animal irrationnel et incorrigible, victime d’illusions et d’erreurs de raisonnement ?
Steven Pinker prend le contre-pied des idées reçues. Non, les humains ne sont pas dominés par leurs instincts. Depuis les chasseurs-cueilleurs, nous sommes dotés d’un cerveau capable de résoudre des problèmes complexes. Au cours des millénaires, l’espèce humaine a ainsi mis au point des outils de raisonnement d’une extraordinaire efficacité. Le problème, c’est que personne, ni aucune école, ne nous apprend à raisonner. Et qu’il ne suffit pas d’être intelligent pour être rationnel !
Steven Pinker, Pourquoi il faut défendre la raison, la science et l’humanisme, Les Arènes, 2019.
Pour beaucoup, le monde est au bord du gouffre, menacé par le terrorisme, les guerres, les migrations et les apocalypses. Pourtant, jamais l’humanité n’a vécu une période aussi paisible et heureuse : chiffres à l’appui, ce livre montre que la santé, la prospérité, la sécurité et la paix sont en hausse dans le monde entier. Ce progrès est un legs du siècle des Lumières, animé par des idéaux puissants : la raison, la science et l’humanisme.
Cependant, plus que jamais, ces valeurs ont besoin d’une défense vigoureuse. Car le projet des Lumières va à contre-courant de la nature humaine, de ses tendances au tribalisme, à l’autoritarisme et à la pensée magique : autant de biais qui nourrissent les populismes et les dérives religieuses. Avec rigueur, profondeur et, souvent, humour, Steven Pinker propose ici un plaidoyer pour la raison, la science et l’humanisme.