LES SCEPTIQUES DU QUÉBEC

Une petite histoire des Sceptiques du Québec

En 1993, six ans après la fondation, Philippe Thiriart raconte les débuts des Sceptiques du Québec : la lettre de Mark Plummer, la douzaine de personnes réunies à Montréal en février 1987 et le choix d’un scepticisme modéré.

Par Philippe Thiriart (*). Texte paru dans Le Québec sceptique nº 25, printemps 1993, p. 4 à 8.

Les associations sceptiques sont apparues suite à une évolution malheureuse de la société occidentale : même si le niveau de scolarité de la population a fortement augmenté dans les pays concernés, la capacité de différencier la réalité de la fiction ne s’est pas accrue. Au contraire, l’école entretient un univers verbal et la télévision un univers d’images où les fantasmes ont préséance sur la réalité concrète. Le personnage central de notre société est le comédien ou la comédienne dont la profession consiste à savoir faire semblant.

Jean Ouellette et Philippe Thiriart, debout devant un arbre
Les fondateurs des Sceptiques du Québec : Jean Ouellette et Philippe Thiriart.

Autrefois, les personnes plus instruites avaient plus rarement des croyances magiques que les personnes moins instruites. Par exemple, encore au début des années cinquante, très peu d’élèves universitaires étaient favorables à l’astrologie. Aujourd’hui, ils sont nombreux à croire qu’il doit y avoir quelque chose de vrai dans l’astrologie, sans qu’aucun fait nouveau ne soit venu la soutenir. L’augmentation de la scolarité de la population n’a guère été accompagnée par une meilleure capacité d’examiner la réalité. Un niveau de scolarité élevé ne garantit pas qu’une personne ait moins d’illusions, ses illusions auront simplement un style différent.

Du côté des médias, les journalistes, bien que plus scolarisés qu’autrefois, ont été rarement formés à la pensée rationnelle et empirique. Au lieu de raisonner, la plupart se contentent de résonner en écho aux fantasmes à la mode, de sorte que les organisations sceptiques ont été fondées pour fournir de l’information démystificatrice au public et aux médias. De plus, elles permettent aux sceptiques de communiquer avec leurs semblables plutôt que de rester isolés dans une société où le verbiage et le fantasme règnent (1).

Les premières étapes

En 1986, une quarantaine de personnes au Québec étaient abonnées au Skeptical Inquirer, la revue du CSICOP américain (2). Chacune d’elles a reçu une lettre de Mark Plummer demandant si elle accepterait de participer à la fondation d’une association sceptique au Québec — association qui poursuivrait les mêmes buts généraux que le CSICOP, tout en étant légalement indépendante.

J’avais répondu que je pourrais traduire de temps à autre un article de l’anglais au français pour le futur bulletin québécois. Le 7 février 1987, nous avons été invités à une réunion à Montréal pour rencontrer Mark Plummer et mettre en route l’association québécoise. Nous n’étions alors qu’une douzaine de personnes à nous rencontrer ainsi.

À cette occasion, j’ai répété que je ne voulais pas m’engager au-delà de la traduction occasionnelle d’articles. Cependant, j’ai poussé Jean Ouellette à s’engager dans l’organisation de la nouvelle association. Jean et moi, nous nous connaissions depuis l’été 1986 à la suite de la parution de l’un de mes articles (3). Nous nous étions rencontrés en août 1986, et nous sommes alors devenus de bons amis.

Jean s’occupait déjà de la Libre pensée québécoise, j’avais perçu ses talents d’organisateur et je pensais que cela lui conviendrait de s’occuper de la future association sceptique.

À son tour, Jean insista pour que je vienne le 3 avril à une réunion où se joindraient à nous Robert Carswell et Raymond Charlebois. C’est ce jour-là qu’a été formé le premier Conseil d’administration et que les fonctions ont été attribuées à chacun (j’ai accepté la responsabilité du bulletin). Le 13 mai 1987 a été signée la demande d’incorporation par cinq personnes : Robert, Raymond, Jean et moi, ainsi que Jacques Desbiens (qui n’est toutefois pas demeuré longtemps dans le C.A. parce qu’il a obtenu un emploi hors de Montréal).

Un scepticisme modéré

Six hommes réunis dans un salon, quatre debout et deux assis au premier plan
Les Sceptiques de la première heure : Philippe Thiriart, Raymond Charlebois, Robert Carswell, Pierre Cloutier (debout), Dominic Larose et Jean Ouellette (assis).

Une décision importante, prise dès le début, a été d’établir que les personnes qui seraient mandatées pour élire les futurs membres du Conseil d’administration seraient désignées par le C.A. lui-même. Cette procédure a été instaurée afin d’éviter que la corporation soit un jour noyautée par un groupe quelconque (qu’il s’agisse, par exemple, de « médiums » qui s’en seraient faits membres subrepticement afin de la discréditer). En outre, le fait que le C.A. choisisse les membres votants permet de maintenir à l’écart les sceptiques trop extrémistes ou hargneux dans leurs positions.

Il nous semble, en effet, préférable de ne pas mépriser les personnes croyant au paranormal et de ne pas s’attaquer avec hargne aux individus qui exploitent la crédulité populaire. L’expérience montre en effet que de telles attitudes entraînent le plus souvent le rejet du sceptique par le public, alors qu’il s’agit pour nous, justement, de gagner leur sympathie. C’est ainsi que les Sceptiques du Québec ont adopté un scepticisme modéré (qui est explicité dans deux textes (4)).

La devise des Sceptiques du Québec pourrait d’ailleurs être : « comprendre, informer et s’amuser ».

En effet, lorsque l’existence d’un phénomène paranormal est avancée, la personne sceptique cherche d’abord à comprendre ce qui s’est réellement passé. Elle cherche de plus à comprendre les illusions et les trucages qui alimentent la crédulité humaine, et à saisir pourquoi les gens ont besoin de croire au point de renoncer souvent à leur sens critique. Ensuite, ce sceptique transmet au public les informations démystificatrices établies — mais il ne se rend pas malheureux si seulement une minorité des gens accepte de recevoir ces informations. Finalement, il est souhaitable que la « croisade » du sceptique pour la vérité contribue à son propre bonheur. C’est pour cela qu’il évite de se prendre trop au sérieux et qu’il se permet de se moquer un peu de la façon dont les gens vivent.

Les premiers Sceptiques

Voici une brève présentation des fondateurs des Sceptiques du Québec.

Robert Carswell est avocat en droit des compagnies. Il apparaît comme un homme discret et aimable, qui n’élève jamais la voix, évite les vains affrontements, mais qui s’en tient à ce qu’il pense. Robert effectua l’incorporation légale des Sceptiques du Québec et prépara les statuts et règlements en s’inspirant de ceux d’une association de préservation de la nature à laquelle il appartenait déjà. Il initia aussi la demande d’accréditation comme organisme de « charité », ce qui vous permet de recevoir un reçu reconnu par l’impôt lorsque vous faites un don aux Sceptiques du Québec.

Raymond Charlebois travaillait comme directeur pédagogique dans une école qui s’occupait d’enfants handicapés mentaux. Il supervisait le travail des éducateurs. Physiquement, il avait l’air d’un gourou bedonnant et barbu. Ses qualités d’animateur et sa grande aisance en public et face aux caméras de télévision en firent le premier président du groupe.

Jean Ouellette est comptable agréé. Il travaillait à son compte, volontairement à mi-temps. Jean n’aime pas les grands groupes, de sorte qu’on le voit rarement en public, mais il est organisé et persévérant. Lorsqu’il promet de faire quelque chose, il le fait toujours. Depuis le tout début, et jusqu’à aujourd’hui, Jean s’occupe de la comptabilité de la corporation, nous assurant ainsi gratuitement les services d’un professionnel en la matière.

Pierre Cloutier est venu à sa première réunion du C.A. en août 1987 (à cette époque, le bulletin avait 22 abonnés !). Pierre travaille comme technicien audio à Radio-Québec et il a une voix d’annonceur radio. Il aime énoncer avec douceur des opinions catégoriques pour amorcer de bonnes discussions intellectuelles. (Pierre s’occupe aujourd’hui de la liste de nos abonnés, qui compte plus de 300 noms…)

Un autre collaborateur qui s’est joint à nous dès le début est Normand Larouche. Étudiant en sciences, Normand occupe aujourd’hui le poste de trésorier.

Dominic Larose est venu à sa première réunion sceptique en novembre 1987. Dominic est spécialisé en médecine d’urgence. Il doit percevoir rapidement l’ensemble d’une situation, et il sait comment y réagir habilement. Dominic possède aussi une compréhension profonde de la démarche scientifique (5). Ce sont ces capacités qui le feront élire président des Sceptiques du Québec en 1990.

Pour ma part, j’enseigne la psychologie au Collège Édouard-Montpetit de Longueuil. J’ai écrit plusieurs articles en psychologie et en philosophie des sciences. Comme mon emploi ne m’occupait qu’à temps partiel et que je produisais le Québec sceptique, je suis devenu le représentant le plus visible de l’équipe.

En plus d’avoir produit les 17 premiers numéros du bulletin, j’ai été le président des Sceptiques pendant deux ans. Depuis 1991, le C.A. m’a nommé conseiller senior, un poste par lequel on attend de moi de bons conseils ainsi qu’une certaine gouverne dans l’orientation du groupe.

Huit hommes réunis pour une photographie de groupe, six debout et deux assis
La « nouvelle génération » (g. à d.) : Laurent Lafleur, Benoit Desjardins, Donald Gilbert, Claude Lafleur, Claude Mac Duff, Denis Labelle, Normand Larouche (partiellement caché) et Denys Desjardins.

Marc Aras était présent à la première rencontre avec Mark Plummer du CSICOP. Au début, Marc ne voulait pas trop s’engager, mais plus tard il a organisé le Comité d’investigation.

Nous avons ainsi formé la première équipe qui de son mieux a fait fonctionner la corporation jusqu’à l’été de 1990. À cette époque, les Sceptiques n’étaient qu’un groupe minuscule ; il nous est arrivé de tenir des réunions pendant lesquelles nous n’étions que trois personnes seulement !

En plus des membres du Conseil d’administration, plusieurs personnes ont contribué au Québec sceptique. Notamment, Guy Châtillon a écrit le premier article publié : « J’ai vu la voyante, et c’était plutôt navrant ». Professeur de statistiques à l’Université du Québec à Trois-Rivières, il avait déjà publié les résultats de recherches scientifiques menées dans le domaine du paranormal. Depuis plusieurs années, il luttait activement contre la superstition, tout en se définissant comme catholique.

Pour le bulletin numéro 4, le philosophe Jean-Claude Simard, du Collège de Rimouski, a écrit « Du nouveau sur la plaine de Nazca ». Cet excellent article impressionna favorablement les Sceptiques belges qui décidèrent de le reproduire dans leur bulletin.

Je ne m’étendrai pas sur les autres auteurs du bulletin puisqu’on peut trouver facilement leurs articles dans les anciens numéros du Québec sceptique — numéros que vous pouvez d’ailleurs toujours commander.

Quelques événements marquants

Pendant l’automne 1987, la Libre pensée québécoise avait obtenu de Vidéotron la possibilité de réaliser et de diffuser une série d’émissions en câblodistribution. C’était notamment Pierre Cloutier qui coordonnait la réalisation technique de ces émissions auxquelles les Sceptiques du Québec ont été invités par deux fois. L’impact auprès du public a été faible, mais la réalisation de ces émissions s’est néanmoins révélée une bonne expérience. Entre 1987 et 1990, nous avons été de temps à autre invités par la radio ou par la télévision.

Comme autres exposés publics, nous avons organisé quelques « séances de démystification ». Ainsi, le 10 février 1988 au Collège Édouard-Montpetit, Guy Châtillon s’est fait passer pour un médium devant un auditoire de plus de 80 personnes. Sur scène, j’étais chargé de mettre à l’épreuve ses dons et je tenais le rôle (ingrat) de critiquer ses réussites spectaculaires. Les succès de notre « médium » lui ont d’ailleurs attiré les applaudissements nourris du public, majoritairement convaincu d’assister à une démonstration authentique de pouvoirs paranormaux. (On trouvera le compte rendu de la démonstration dans Le Québec sceptique nº 4, mars 1988, p. 7-9.)

Dans les années qui ont suivi, cette mystification a été reprise plusieurs fois, avec de nouveaux comparses (dont Dominic Larose, Denis Labelle, Donald Gilbert, Laurent Lafleur et Marie-Soleil Gauthier) et, chaque fois, le médium a remporté un vif succès.

Trois hommes debout devant une table ; celui du centre reçoit une pyramide
Remise du premier prix Fosse sceptique à René Ferron (au centre) par Dominic Larose et Philippe Thiriart.

La journaliste Sylvie Laplante était présente à notre première mystification et elle rapporta l’événement dans son article « Esprit critique, es-tu là ? » publié dans la revue Châtelaine en juillet 1988. Cet article présentait pour la première fois notre groupe au grand public.

Lucie Pagé avait déjà écrit « Au nom de la raison » qui nous présentait aux lecteurs de Québec Science (avril 1988). En décembre 1987, cette revue publia « Les fausses sciences », où je synthétise ma conception de la science et de la vie. Ce court article a été repris par les Sceptiques belges et les Rationalistes français (6).

Trois hommes derrière un kiosque orné du point d’interrogation des Sceptiques
Les Sceptiques au Salon de l’ésotérisme : Denis Lessard, Claude Mac Duff et Benoit Desjardins.

Durant l’été 1988, lors d’un voyage en Europe, j’ai pris contact avec mon compatriote belge Jacques Theodor. Celui-ci offrait une bourse de 3 000 000 francs belges à toute personne capable de démontrer un pouvoir paranormal en respectant les exigences de la science. C’est à la suite de cette prise de contact que, en janvier 1989, les Sceptiques lancèrent notre Défi des 100 000 dollars. Marc Aras est alors devenu responsable du comité chargé d’examiner les candidats.

Sur ces entrefaites, à l’été 1989, Guy Châtillon est malheureusement décédé à la suite d’un cancer.

Les 20, 21 et 22 octobre 1989, Dominic Larose et moi sommes allés à Buffalo, siège du CSICOP. Nous avons participé à un séminaire qui nous a permis de rencontrer les grands sceptiques américains, notamment James Alcock et Ray Hyman, ainsi que Paul Kurtz, président du CSICOP.

C’est le 26 octobre 1989 qu’a eu lieu une importante Assemblée générale annuelle des Sceptiques du Québec. En effet, nous avons profité de cette occasion pour annoncer notre Défi des 100 000 dollars et pour divulguer les premiers lauréats de nos prix Sceptique et Fosse sceptique.

Ces prix ont pour fonction d’indiquer au public quelles sont les personnes qui, déjà connues dans les médias, contribuent le plus et le moins à la formation du sens critique. René Ferron, réalisateur de l’émission « Caméra 89 », est gentiment venu chercher son prix Fosse sceptique, qui consistait en une pyramide magique. Quant au prix Sceptique, il a été décerné à Pierre Foglia de La Presse (QS nº 12, décembre 1989, p. 5-8). Notons qu’après avoir remporté son prix, René Ferron a produit quelques reportages qui auraient pu en faire un candidat au prix Sceptique.

Dans le marché du paranormal, bien des individus prétendent posséder divers pouvoirs qu’ils exerceraient chaque fois qu’un client fait appel à eux. Si ces dons étaient réels, ces individus devraient pouvoir les démontrer assez facilement dans un cadre scientifique — qui consiste simplement à s’assurer qu’une réussite éventuelle ne soit pas due à un facteur autre que le don paranormal invoqué.

Or, lorsque des sceptiques offrent une importante somme d’argent à qui démontrera un pouvoir paranormal, les candidats ne réussissent pas la performance qu’ils ont eux-mêmes accepté de viser. L’existence du Défi des 100 000 dollars permet de rappeler au public qu’un gouffre existe entre les prétentions des soi-disant doués du paranormal et leurs performances vérifiées.

La deuxième génération prend la relève

Au début de 1990, de nouveaux membres se sont joints au groupe. C’est ainsi que Claude Lafleur et Claude Mac Duff sont venus à notre souper public de février. Par la suite se sont ajoutés Robert Kurylo, Benoit Desjardins, Denis Labelle, Laurent Lafleur, Donald Gilbert, Robert Giguère, Denys Desjardins et Raymond Chevalier.

Les 20 et 21 octobre 1990 marquent un tournant pour les Sceptiques du Québec alors que nous avons animé un kiosque au Salon international de l’ésotérisme et des arts divinatoires de Montréal (voir QS nº 15, novembre 1990, p. 1). Cette participation engagea durablement les nouveaux membres dans les activités de l’association.

Ce même automne, j’ai laissé la présidence des Sceptiques au profit de Dominic Larose qui, lui, l’assumera pendant deux ans. Claude Lafleur est devenu vice-président, chargé des relations avec les médias, alors que Claude Mac Duff héritait du secrétariat.

Au printemps de 1991, Claude Lafleur a pris en main les destinées du Québec sceptique et en a fait l’excellente revue que vous lisez maintenant.

À cette époque également, Benoit Desjardins a mis en branle la vente des tee-shirts portant le logo des Sceptiques du Québec (un point d’interrogation). Ces tee-shirts ont déjà été portés à bien des endroits dans le monde (notamment en Europe et au Mexique) et ils intéresseront sans doute quelques collectionneurs.

Le 23 mars 1991, Marc Aras et Denis Labelle ont mis à l’épreuve la première candidate officielle à notre Défi des 100 000 dollars : madame Katalin Fitos. Celle-ci prétendait être en communication avec des entités « extraterrestres », mais elle n’a pu réussir une simple démonstration (QS nº 18, mai 1991, p. 1, 4-5).

En octobre 1991, Donald Gilbert a coordonné notre participation à la Quinzaine des sciences, durant laquelle nous avons donné cinq conférences (QS nº 20, janvier 1992, p. 1 et 4).

Au cours de l’automne de 1991, sous la direction de Jean Ouellette, le groupe procéda à un sondage auprès de la population québécoise à propos de la croyance en divers aspects du paranormal. Des 445 personnes interrogées, environ la moitié croyaient à l’un ou l’autre des phénomènes. Les hommes croient autant que les femmes ; la seule différence notable réside dans le fait que les premiers croient davantage aux ovnis que les femmes… et l’inverse en ce qui a trait à l’astrologie (QS nº 22, juin 1992, p. 1, 4-5).

Le 22 juin 1992, le Comité d’investigation, animé cette fois par Donald Gilbert et Denis Labelle, dévoila les résultats de l’expérience avec la deuxième candidate au prix de 100 000 dollars, l’astrologue Agathe Vir Landriault (QS nº 23, septembre 1992, p. 1, 4-10). Entre-temps, Denis Labelle accédait à la présidence du groupe alors que Raymond Chevalier devenait vice-président.

À présent, Le Québec sceptique est devenu la principale revue sceptique francophone. Claude Lafleur, Claude Mac Duff, Laurent Lafleur et d’autres membres ont donné plus d’une centaine d’entrevues à la radio et à la télévision.

Nous avons notamment été invités à « Parler pour parler », l’émission de Janette Bertrand qui nous a fait connaître d’une belle façon (QS nº 22, juin 1992, p. 6-7). Les articles publiés dans maints journaux et revues à propos du paranormal mentionnent souvent notre existence et nos positions. Nos soupers-conférences rassemblent mensuellement une bonne cinquantaine de personnes.

L’association continue de croître à bon rythme. Le noyau des Sceptiques actifs se compose à présent d’une trentaine de personnes. Le défi qui se pose actuellement aux administrateurs de la corporation est d’animer de façon agréable et de coordonner de façon efficace les efforts de tout un chacun.

Notes

(*) Philippe Thiriart est l’un des cinq membres ayant fondé la corporation des Sceptiques du Québec. Il agit aujourd’hui comme conseiller senior du groupe.

  1. Le désir de cerner la réalité n’empêche pas les sceptiques d’être ouverts à l’imaginaire. Isaac Asimov a écrit des romans dans lesquels les personnages avaient des dons paranormaux alors qu’il était membre du CSICOP. Ce qui est décevant chez le crédule ordinaire, c’est son incapacité à différencier l’imaginaire du réel.
  2. « Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal ». Le CSICOP existe depuis 1976. On peut s’abonner au Skeptical Inquirer en envoyant 25 $ US au CSICOP : Box 703, Buffalo, N.Y., 14226-0703, U.S.A.
  3. « Une douloureuse théorie du plaisir », publié dans La petite revue de philosophie, vol. 6, nº 2, printemps 1985, p. 95-119.
  4. C’est-à-dire : « Le scepticisme des Sceptiques du Québec », reproduit à la page 12 de ce bulletin, et « Les Sceptiques du Québec face aux croyances », Le Québec sceptique nº 23, septembre 1992, p. 15-16.
  5. Voir à cet effet son article « Requins, science et parapsychologie », QS nº 10, mars 1989, p. 3-5.
  6. Voir Le Québec sceptique nº 5, avril 1988, p. 12.

N.D.L.R. — À l’automne de 1992, Jacques Theodor a porté le montant de sa bourse à quelque 250 000 $, alors qu’un autre sceptique québécois, Alain Bonnier, s’est joint à notre groupe afin d’offrir 10 000 $ à tout concurrent qui réussirait l’étape préliminaire de notre Défi (voir le QS nº 24, décembre 1992, p. 5).