Biais d'attribution hostile
Le biais d'attribution hostile est la tendance à prêter de mauvaises intentions à autrui, même quand son geste est ambigu ou bienveillant.
Le biais d'attribution hostile est la tendance à prêter de mauvaises intentions à autrui, même quand son geste est ambigu ou bienveillant. Quelqu'un vous bouscule : vous pensez qu'il l'a fait exprès plutôt que d'envisager un accident.
Le concept est né au début des années 1980, dans des études sur des enfants et des adolescents agressifs. En 1980, William Nasby, Brian Hayden et Bella DePaulo observaient que des garçons de 10 à 16 ans enclins à l'agressivité prêtaient à tort de l'hostilité aux autres bien plus que leurs camarades. La même année, Kenneth Dodge avançait que leurs réactions agressives venaient d'une lecture déformée des indices sociaux. Interpréter les intentions d'autrui comme mauvaises augmenterait en effet la probabilité d'une riposte agressive.
Presque systématique chez l'enfant de trois ans et moins, ce biais s'atténue en grandissant sans disparaître : on le retrouve chez l'adulte, dans les couples insatisfaits ou au volant, envers les autres usagers de la route. Des exercices, comme donner une issue positive à des scénarios ambigus, visent à le réduire. Voir aussi le biais d'intentionnalité et l'entrée biais d'attribution du dictionnaire sceptique.