Biais d'estompement de l'affect
Le biais d'estompement de l'affect est la tendance des émotions liées aux souvenirs désagréables à s'effacer plus vite que celles liées aux souvenirs agréables.
Le biais d'estompement de l'affect est la tendance des émotions liées aux souvenirs désagréables à s'effacer plus vite que celles liées aux souvenirs agréables. Il touche les sentiments associés aux événements, non le contenu des souvenirs eux-mêmes.
Dès 1932, Hulsey Cason constatait que les gens se remémoraient avec plus d'intensité les émotions de leurs bons moments que celles des mauvais. Comme ses participants se fiaient à leur mémoire, on lui a reproché une méthode elle-même sujette aux biais ; mais des études fondées sur des journaux personnels, où l'on notait l'intensité de chaque émotion sur le moment, ont depuis confirmé le phénomène. Dans une étude de 2009 portant sur 1 200 souvenirs, l'émotion s'était atténuée pour 51 % des événements négatifs, contre 37 % des événements positifs.
Observé dans des échantillons d'origines culturelles variées, ce biais serait plutôt sain : il aide à garder une image positive de soi et rend notre mémoire autobiographique plus riante, un peu comme le biais des souvenirs en rose. Il est d'ailleurs moins marqué chez les personnes anxieuses, ainsi que chez les personnes déprimées, dont les souvenirs négatifs s'estompent plus lentement.