Biais d'omission
Le biais d'omission est la tendance à juger un tort causé par une action plus sévèrement qu'un tort équivalent, ou même pire, causé par l'inaction.
Le biais d'omission est la tendance à juger un tort causé par une action plus sévèrement qu'un tort équivalent, ou même pire, causé par l'inaction. Entre agir et laisser faire, on préfère souvent ne rien faire : l'inaction paraît la norme, et un geste semble davantage responsable de ses conséquences qu'une abstention.
Baron et Ritov l'ont mis en évidence en 1990 à propos de la vaccination : bien des participants refusaient un vaccin qui pouvait, par un effet secondaire, causer un décès, alors que la maladie évitée était plus meurtrière. Il fallait que la maladie tue environ dix fois plus que le vaccin pour qu'ils se décident. Dans une autre expérience, recommander à un adversaire allergique un plat qui le rendra malade paraissait plus immoral que de le laisser le commander sans rien dire.
Le biais aide à comprendre pourquoi des parents renoncent à faire vacciner leur enfant par crainte d'un risque bien plus faible que celui de la maladie. Il n'est toutefois pas universel : certaines études ne l'ont pas retrouvé, et quelques chercheurs y voient une stratégie plutôt qu'une erreur. Son contraire est le biais d'action ; on l'invoque aussi pour expliquer le biais de statu quo.